Avignon, on la connaît pour son pont, son festival et ses ruelles pleines de touristes l’été. Mais si tu regardes d’un peu plus près, la ville est aussi un bon terrain de jeu pour qui aime chiner du vintage, limiter son impact écologique et s’habiller différemment de ce que proposent les gros réseaux de fast-fashion.
Ici, pas besoin de budget illimité pour se construire un vestiaire solide, stylé et cohérent avec une démarche éco-responsable. Il suffit de connaître les bons spots, de comprendre comment fonctionnent les friperies locales et d’avoir deux ou trois réflexes quand tu fouilles les portants.
Pourquoi Avignon est une bonne ville pour les friperies
Avignon coche plusieurs cases qui font une bonne ville à fripes :
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Une forte population étudiante et jeune, qui alimente le marché de la seconde main.
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Un centre historique dense, où tout se fait à pied : pratique pour enchaîner plusieurs boutiques dans la même journée.
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Une culture touristique et artistique (Festival d’Avignon, scènes alternatives) qui attire des profils sensibles au vintage, au style unique et à l’éco-responsabilité.
Résultat : un mix intéressant entre friperies associatives à petits prix, boutiques plus pointues orientées vintage ou streetwear, dépôts-ventes, marchés et ressourceries. Tu peux t’habiller de A à Z en seconde main sans trop forcer, que tu sois team workwear, casual chic, années 90 ou pur street.
Les friperies associatives et solidaires : petits prix, gros impact
Premier réflexe à avoir à Avignon (comme ailleurs) : regarder du côté des structures solidaires. Ce sont souvent les meilleures options si tu veux :
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Des prix très bas (tee-shirt à quelques euros, jean entre 5 et 15 €, manteaux autour de 20 € selon l’état).
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Un impact social direct : les bénéfices financent des actions locales (insertion, aide alimentaire, logement, etc.).
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Un énorme volume de vêtements, avec un roulement rapide.
Tu trouveras typiquement dans et autour d’Avignon :
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Des boutiques liées à de grandes associations nationales (type Emmaüs, Secours Catholique, Croix-Rouge) avec des rayons vêtements parfois sous-estimés : chemises en coton de bonne qualité, vestes de costume, trenchs, pulls en laine, sacs en cuir… Le tout souvent mélangé sans mise en scène “mode”, ce qui fait que beaucoup de pièces passent sous les radars.
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Des ressourceries ou recycleries locales, qui récupèrent vêtements, vaisselle, meubles et déco. L’avantage : tu peux refaire ton dressing et ton appart en même temps. L’inconvénient : il faut fouiller, beaucoup.
Ce n’est pas là que tu trouveras forcément la pièce ultra pointue des années 80 en parfait état, mais :
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Pour des basiques (chemises, jeans, pulls, vestes), tu peux équiper tout un vestiaire pour le prix d’un panier chez une grosse enseigne de fast-fashion.
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Pour des pièces de travail (bleus de travail, blousons de chantier, parkas, chaussures robustes), tu es souvent mieux servi qu’en boutique “lifestyle”.
Astuce simple : cible plutôt les arrivages du matin ou les jours où ils annoncent des nouveaux stocks. Les bons manteaux, les sweats de marques et les baskets correctes partent vite.
Les boutiques vintage et streetwear : pour les pièces fortes
Si tu cherches des pièces avec plus de caractère, un peu triées sur le volet, Avignon abrite aussi des friperies indépendantes plus “mode”. Leur positionnement est clair :
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Sélection plus courte, mais plus cohérente : bombardiers, bombers, vestes en cuir, chemises à motifs, Levi’s vintage, maillots de foot rétro, hoodies de marques, etc.
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Mise en scène travaillée : portants thématiques (années 80, denim, workwear), vitrines soignées, playlists calibrées pour que tu te sentes dans une vraie boutique et pas dans un dépôt.
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Prix plus élevés que dans l’associatif, mais tu payes la sélection et le temps gagné. Tu ne passes pas une heure à trier des tee-shirts publicitaires pour trouver le bon.
Dans ce genre de friperies, tu peux viser :
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Un bomber ou un blouson en cuir entre 40 et 120 € selon la marque et l’état.
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Un Levi’s 501 vintage autour de 35–60 € (moins si troué ou très patiné, plus si taille rare et état parfait).
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Un sweat ou hoodie de marque entre 25 et 60 €.
Ces boutiques attirent clairement une clientèle plus urbaine : étudiants stylés, workers de la culture, touristes sensibles au vintage. Ne t’attends pas à des prix “solidaires”, mais les bonnes pièces restent très compétitives face à du neuf de qualité équivalente.
Important : comme les enseignes indépendantes bougent vite (ouverture, fermeture, changement d’adresse), pense à vérifier en amont sur Google Maps ou Instagram en cherchant “friperie Avignon”, “vintage Avignon”, “seconde main Avignon”. Les comptes Insta sont souvent plus à jour que les sites officiels.
Magasins au kilo et dépôts-ventes : jouer la quantité ou les bons plans ciblés
Autre format qu’on voit apparaître dans les villes de taille moyenne comme Avignon : les ventes au kilo et les dépôts-ventes plus généralistes.
Le principe des friperies au kilo est simple :
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Tu paies le poids de tes trouvailles, pas la pièce à l’unité.
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Les prix varient selon les catégories (par exemple 25 €/kg pour les chemises, 35 €/kg pour les pulls, etc.).
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C’est intéressant si tu prends plusieurs pièces légères (tee-shirts, foulards, chemises) ou des vêtements enfants.
En revanche, pour un gros manteau ou un jean très lourd, fais le calcul mental : parfois, un prix à la pièce en friperie classique est plus intéressant qu’un kilo mal anticipé.
Les dépôts-ventes, eux, fonctionnent différemment :
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Des particuliers déposent leurs vêtements, la boutique prend une commission sur la vente.
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La sélection peut être très variable : du Zara récent à peine porté jusqu’à des pièces de créateurs ou de belles marques outdoor.
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Tu peux tomber sur des affaires sérieuses : parka technique, blazer en laine, baskets quasi neuves à moitié prix.
C’est une bonne porte d’entrée si tu veux du “presque neuf” mais que tu refuses de payer plein tarif. Là encore, vérifie les horaires (certains dépôts-ventes n’ouvrent pas tous les jours ou ferment tôt).
Chiner hors boutique : marchés, vide-greniers, particuliers
À Avignon et dans les communes alentours, les marchés et vide-greniers sont une autre mine d’or potentielle.
Sur les marchés, tu croiseras généralement :
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Des vendeurs pros de vintage qui tournent de ville en ville : vestes militaires, sacs en cuir, chemises hawaïennes, etc. Les prix sont parfois négociables, mais ils connaissent la valeur de ce qu’ils vendent.
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Des stands plus “vrac” avec des vêtements à 1–5 € pièce : pas triés, parfois en gros tas. Idéal si tu as une bonne tolérance à la fouille intensive.
Côté vide-greniers et brocantes :
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Tu as plus de chances de tomber sur des pièces “brutes” qui sortent directement des placards : vieux Levi’s, veste en daim 70s, tee-shirt de groupe, etc.
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Les vendeurs ne sont pas toujours au courant des tendances, ce qui peut jouer en ta faveur.
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Mais la qualité est très inégale, et il n’y a pas de cabine d’essayage.
Pense aussi aux plateformes type Vinted ou Leboncoin, avec recherche géolocalisée autour d’Avignon. L’avantage : tu peux parfois récupérer en main propre, économiser les frais de port et vérifier l’état de la pièce devant le vendeur.
Comment repérer les bonnes pièces en friperie
Peu importe la friperie, la logique reste la même : tu gagnes si tu sais quoi chercher et quoi éviter. Quelques réflexes simples :
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Regarder d’abord la matière : privilégie le coton épais, la laine, le lin, les mélanges avec un peu de synthétique mais pas 100 %, les cuirs souples. Méfie-toi des synthétiques ultra fins qui boulochent déjà.
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Inspecter les zones sensibles : sous les aisselles, bas de manches, col, entrejambe pour les jeans, intérieur des poches. Un trou discret se répare, une couture complètement fatiguée sur tout le vêtement, beaucoup moins.
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Vérifier les fermetures : zip qui coince, boutons manquants, pressions fatiguées. Ça peut se régler, mais c’est du temps (et parfois des frais).
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Tester la coupe : même si les cabines sont sommaires, essaie. Un Levi’s peut être parfait sur cintre et catastrophique sur toi. Idem pour les vestes : regarde l’épaule, le tombé au niveau du dos, la longueur des manches.
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Se méfier des faux “vintage” : un sweat avec un logo rétro imprimé récemment reste un sweat basique. Si tu payes le prix “vintage”, assure-toi que la pièce a vraiment quelques années derrière elle (étiquette ancienne, fabrication européenne, coupe typée).
Positionne-toi aussi sur ce que tu cherches avant d’entrer. Aller “voir” sans idée est le meilleur moyen de ressortir avec une chemise moyenne que tu ne mettras pas. Par exemple :
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Objectif 1 : un bon jean brut ou légèrement délavé en coupe droite.
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Objectif 2 : une veste de mi-saison (type Harrington, bomber léger, blouson en jean).
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Objectif 3 : un ou deux hauts forts (chemise à carreaux, pull texturé, hoodie graphique).
Si tu trouves autre chose, tant mieux, mais tu limites les achats bizarres que tu regrettes deux semaines plus tard.
Fripes et éco-responsabilité : comment rester cohérent
Passer par la seconde main est déjà un geste fort : tu prolonges la durée de vie de vêtements existants au lieu d’alimenter la production neuve. Mais on peut aller un peu plus loin sans se compliquer la vie.
Quelques repères :
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Privilégier la durabilité : mieux vaut acheter un bon manteau en laine en friperie à 60 € que trois vestes moyennes à 20 € qui finiront au fond du placard.
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Regarder l’origine quand c’est mentionné : un vêtement fabriqué en Europe des années 80–90 est souvent plus costaud qu’un équivalent actuel entrée de gamme.
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Limiter les achats “juste pour le délire” : oui, la chemise fluo années 80 est drôle, mais si tu ne la mets qu’une fois, le bénéfice écologique reste discutable.
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Penser entretien : certains cuirs ultra délicats ou matières fragiles vont demander beaucoup de soin (et de produits). À prendre en compte dans le bilan global.
Le but n’est pas de devenir un ayatollah du textile, mais d’avoir un minimum de cohérence : acheter moins, mieux, et garder plus longtemps.
Budget : combien prévoir pour une session fripes à Avignon ?
Évidemment, ça dépend de ton style et de la chance du jour. Mais pour avoir un ordre d’idée sur une journée “type” à Avignon :
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Dans les friperies associatives, avec 30–40 €, tu peux sortir avec : un jean, un pull, une chemise, plus un tee-shirt ou un accessoire.
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Dans les boutiques vintage pointues, compte plutôt 40–80 € pour une pièce forte (bomber, blouson cuir, belle robe vintage, paire de baskets en bon état).
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Sur les marchés et vide-greniers, c’est très variable, mais tu peux faire de vrais coups à 5–10 € la pièce si tu as l’œil.
Un budget d’environ 100 € bien utilisé peut te permettre de repartir avec :
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1 bon jean
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1 veste ou manteau de mi-saison
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2–3 hauts (chemises, pulls, tee-shirts de qualité)
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Éventuellement un accessoire (ceinture en cuir, sac, casquette)
À comparer avec ce que tu obtiendrais en neuf dans une grosse enseigne pour le même budget : souvent, deux ou trois pièces max, qualité discutable.
Idée de parcours pour une journée fripes à Avignon
Pour mettre tout ça en musique, tu peux t’organiser comme ça :
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Matin : commence par une friperie associative ou une ressourcerie en périphérie ou juste à l’extérieur des remparts. C’est là que tu as le plus de chances de choper des basiques solides à petit prix, avant que le flux de la journée n’ait tout retourné.
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Fin de matinée : direction le centre historique, à pied. Repère deux ou trois friperies indépendantes, plus stylées, et vise une seule bonne pièce (veste, jean, paire de baskets) en fonction de ce que tu as trouvé le matin.
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Pause déjeuner : profite des terrasses dans les petites rues, et prends 5 minutes pour vérifier ce qui te manque encore dans ta garde-robe. Évite de repartir sur une session l’après-midi sans objectif clair.
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Après-midi : selon le jour, passe sur un marché ou un vide-grenier repéré en amont, ou continue à explorer des dépôts-ventes. C’est le moment idéal pour les accessoires et les pièces plus “coup de cœur”.
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Fin de journée : trie tes achats avant de rentrer : ce qui doit être lavé immédiatement, ce qui mérite un passage au pressing, ce qui a besoin d’une petite retouche (ourlet, bouton, etc.). Tant que c’est frais dans ta tête, tu limites le fameux “sac qui traîne dans un coin pendant trois semaines”.
Au final, Avignon n’est pas seulement une carte postale pour touristes. Si tu t’y prends bien, c’est aussi un terrain intéressant pour tester une façon plus maligne de consommer la mode : moins de neuf, plus de caractère, des vêtements qui ont déjà vécu, mais qui ont encore largement de quoi faire quelques saisons de plus sur ton dos.
